Illustration : Plan de sauvegarde d'une TPE : NAS, cloud, copie immuable, le guide pour ne jamais tout perdre

Plan de sauvegarde d’une TPE : NAS, cloud, copie immuable, le guide pour ne jamais tout perdre

Pour une petite entreprise, perdre ses données, c’est souvent perdre son activité : devis, factures, plans, dossiers clients, comptabilité, historique de messagerie. Les causes sont multiples (rançongiciel, panne de serveur, erreur de manipulation, vol, sinistre), mais la parade est unique : un plan de sauvegarde pensé, automatisé et testé.

Ce guide vous aide à le construire, avec des architectures types et les questions à vous poser avant d’acheter quoi que ce soit.

L’essentiel en 30 secondes

  • Visez la règle 3-2-1-1-0 : 3 copies, 2 supports, 1 hors site, 1 immuable ou hors ligne, 0 erreur lors des tests.
  • Définissez combien de données vous pouvez perdre (RPO) et combien de temps vous pouvez rester à l’arrêt (RTO).
  • La messagerie et les fichiers dans le cloud doivent aussi être sauvegardés.
  • Une restauration testée chaque trimestre, c’est la seule preuve que la sauvegarde fonctionne.

Deux questions avant toute chose : RPO et RTO

RPO (objectif de point de reprise) : combien d’heures de travail pouvez-vous accepter de perdre ? Si la réponse est « une journée », une sauvegarde quotidienne suffit ; si c’est « une heure », il faut des sauvegardes beaucoup plus fréquentes.

RTO (objectif de temps de reprise) : combien de temps pouvez-vous rester sans vos outils ? Restaurer plusieurs centaines de gigaoctets depuis Internet peut prendre des heures, voire des jours selon la connexion. Si l’arrêt doit être court, il faut une copie locale rapide à restaurer.

La règle 3-2-1-1-0

  • 3 copies des données (la production + 2 sauvegardes) ;
  • sur 2 types de supports différents ;
  • dont 1 hors site (cloud ou autre local) ;
  • dont 1 immuable ou hors ligne, qu’un rançongiciel ne peut pas chiffrer ou supprimer ;
  • avec 0 erreur constatée lors des tests de restauration.

Le « 1 immuable » est devenu essentiel : les rançongiciels modernes cherchent activement les sauvegardes accessibles pour les détruire avant de chiffrer le reste.

Que faut-il sauvegarder ?

  • le serveur ou le NAS de fichiers partagés ;
  • les postes de travail (au moins les dossiers de travail locaux) ;
  • les bases des logiciels métier (comptabilité, gestion commerciale, logiciel de dessin) ;
  • la messagerie et les fichiers en ligne (Microsoft 365, Google Workspace) ;
  • le site web et sa base de données ;
  • les configurations : box, pare-feu, serveur, licences, mots de passe d’administration (dans un coffre).

Trois architectures types

Structure de 1 à 3 postes, sans serveur

  • Fichiers de travail dans le stockage en ligne (OneDrive, Google Drive) avec historique des versions ;
  • sauvegarde indépendante de ce cloud vers un autre service ;
  • disque externe hebdomadaire, débranché après chaque sauvegarde, pour une copie hors ligne.

Structure de 3 à 15 postes avec NAS

  • NAS de fichiers partagés, avec instantanés (snapshots) protégés en écriture ;
  • réplication chiffrée du NAS vers un stockage cloud avec verrouillage d’objet (immuabilité) ;
  • sauvegarde de Microsoft 365 ou Google Workspace par un service dédié ;
  • éventuellement un disque de rotation conservé hors site.

Structure avec serveur et logiciels métier

  • sauvegarde d’images complètes du serveur (restauration rapide en cas de panne) ;
  • copie sur un second NAS dédié aux sauvegardes, dans un local différent, avec des identifiants séparés ;
  • copie immuable externalisée ;
  • procédure de reprise documentée.

Les règles de sécurité des sauvegardes

  1. Des identifiants séparés : le compte qui administre la sauvegarde ne doit pas être celui du domaine ou du poste de travail.
  2. Pas de partage réseau monté en permanence vers la cible de sauvegarde.
  3. Le chiffrement des copies externalisées, avec une clé conservée en lieu sûr (sans elle, la sauvegarde est inutilisable).
  4. Des alertes en cas d’échec, lues par quelqu’un.
  5. Le NAS à jour et non exposé directement sur Internet : les NAS sont des cibles privilégiées.

Tester, tester, tester

Chaque trimestre, restaurez :

  • un fichier précis à une date donnée ;
  • une boîte mail ou un dossier de messagerie ;
  • une fois par an, un scénario complet (serveur ou logiciel métier sur une machine de test).

Notez le temps de restauration et comparez-le à votre RTO. C’est souvent là qu’on découvre qu’une restauration complète depuis le cloud prendrait trois jours.

Budget indicatif

Pour une petite structure, le poste principal est l’équipement local (NAS ou disques) et l’abonnement de stockage externalisé, qui dépend du volume. La sauvegarde de la messagerie en ligne représente un coût modeste par utilisateur. Rapporté au coût d’une journée d’arrêt ou d’une perte de données, c’est l’un des investissements les plus rentables en informatique.

Questions fréquentes

Microsoft 365 ne sauvegarde-t-il pas déjà mes données ?

Il assure la disponibilité du service et conserve les éléments supprimés pendant une durée limitée. Ce n’est pas une sauvegarde au sens strict : en cas de compte compromis, de suppression ancienne ou d’erreur de synchronisation, il faut une copie indépendante.

Un NAS suffit-il ?

Non, s’il est seul. Un NAS dans le même bureau que le serveur est exposé aux mêmes risques (vol, incendie, rançongiciel). Il doit être complété par une copie hors site et immuable.

Qu’est-ce qu’une sauvegarde immuable ?

Une copie qui ne peut être ni modifiée ni supprimée pendant une durée définie, même avec des droits d’administrateur. Elle résiste donc à un attaquant qui aurait pris le contrôle du réseau.

Combien de temps garder les sauvegardes ?

Une rotation classique combine des copies quotidiennes sur quelques semaines, hebdomadaires sur quelques mois, et mensuelles sur un an. Certains rançongiciels restent dormants des semaines : une profondeur d’historique suffisante est indispensable.

Pouvez-vous mettre en place et surveiller nos sauvegardes ?

Oui, dans le cadre de notre offre d’infogérance, avec tests de restauration documentés.

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